Observations de fevrier 2014

 I – Données METEO du mois

Avec une pluviométrie de 79,5 mm , le mois de février a été beaucoup plus arrosé que la normale mensuelle (41 ,7 mm) .

Il a été aussi beaucoup moins froid : 6,7° degrés de moyenne contre une normale de 4,5° depuis le début du siècle . Et ceci explique celas masses d'air doux et humides atlantiques assorties de précipitations abondantes et souvent des vents plus ou moins violents –ayant empêché la formation d'un anticyclone continental .

Les minimales nocturnes n'ont été que cinq fois inférieures à zéro , avec notamment -2,5° le 3 février . . En revanche les maximales ont dépassé 18 fois les 10° , un record depuis le début du siècle . Avec déjà comme un air de printemps dans la dernière décade . notamment le 24 février où le thermomètre est monté à 16,5° .On ne sait trop s'il faut se réjouir de cette clémence hivernale propice à notre bien-être et aux économies de chauffage ou la déplorer dans la crainte du fameux réchauffement climatique…je vous laisse le choix .

II – Relevés Myco .

La poussée des champignons typiquement hivernaux a été vraisemblablement contrariée par la douçeur exceptionnelle du mois…peu de Flammulina velutipes et peu de Sarcoscypha coccinea , champignons habituels des vrais hivers . D'autre part l'abondance des pluies qui a causé de nombreuses inondations peut causer des conditions asphyxiques pour le mycelium qui ne l'oublions pas réclame pour se développer de bonnes conditions d'air et d'oxygène(aérobiose) .

En conclusion , ce fut un mois décevant pour le mycologue .

Nous avons retrouvé l'ensemble des champignons du mois précédent avec en plus :

 Coprinus romagnesianus ou Coprinopsis romagnesiana dans la nouvelle nomenclature .Ce champignon , voisin du Coprin encrier s'en distingue par la présence d'écailles roussâtres sur le chapeau alors que Coprinus atramentarius présente un chapeau complètement glabre . Nous l'avons trouvé en touffe dans un tas de compost composé de feuilles de chênes .

Geopora sumnerianna

 Hapalopilus rutilans : Espèce classique facile à identifier par la présence d'acide polyporique(dihydoxyquinone)prenant une couleur violette par l'ammoniaque (NH4OH). Trouvé sur branche morte de chêne .Pour rappel , ce champignon lignicole est parfois pris pour une langue de bœuf et a été responsable de graves intoxications . L'acide polyporique est un cytotoxique du système nerveux agissant par inhibition de la dihydro-orotate deshydrogenase , enzyme impliqué dans la synthèse des bases pyrimidiques . Il s'en suit des sévères encéphalopathies par inhibition de l'acide ribonucléique .

Datronia mollis

Didymium anulisporum (Leg J.M.Houy ) , myxomycète coprophile .

III -Radio – champis...Quelques nouvelles !

Enfin un bouquin en français pour reconnaître les truffes et éviter les arnaques .

* R.Flammer ,TH.Flammer & P.Reil : Les truffes .Manuel pratique pour l'expertise des truffes commercialisées . IHW-Verlag,Eching 2013.

Le problème avec la truffe , c'est que cela rapporte de l'argent et que dés lors il y a possibilité à escroqueries en produisant des contrefaçons ou exploitation de l'ignorance du quidam .

Il y a différentes variétés de truffes , plus de 200 mondialement , 32 en Europe mais seule une vingtaine d'espèces sont comestibles . En France seules les truffes appartenant à la famille des Tubéracées ont droit à la qualification de truffes . Les truffes dites “truffes du désert” appartenant à la famille des Terfeziacées , si prisées dans la gastronomie juive et arabe ne sont pas reconnues en France. Elles sont pourtant riches en acide linoléique et jouissent d'une très bonne valeur nutritionnelle .Sur la vingtaine d'espèces françaises , seules 6 espèces sont vendues sur les marchés et présentent des qualités gustatives et culinaires bien différentes , ce qui , bien entendu , se traduit au niveau des prix .

Ce sont :

* Tuber aestivum , truffe d'été ,truffe blanche,truffe de la Saint-Jean (du 1 er mai au 30 septembre) , note culinaire 5 sur 10 , prix 60 à 100 € le kg

* Tuber brumale , truffe d'automne , truffe musquée (du 1 er novembre au 30 mars) , note culinaire 7 sur 10

* Tuber indicum(himalayense , sinense) , truffe chinoise , note culinaire 2 sur 10 , prix 30 à 45 € le kg

*Tuber melanosporum ,truffe noire , truffe du Périgord , truffe d'hiver , Rabasse(du 1 er décembre au 31 mars) , note culinaire 9 sur 10 , prix 600 à 1600 € le kg , 50 € la truffe .

* Tuber mesentericum , truffe de Lorraine ,du 1er septembre au 31 janvier) , note culinaire 5 à 6 sur 10 , prix 200 à 400 € le kg

* Tuber uncinatum , truffe de Bourgogne , truffe grise (du 1er octobre au 31 décembre) , note culinaire 6,5 à 7 sur 10) , prix 100 à 300 € le kg .

La truffe grise du Poitou , Tuber rufum , ou nez de chien n'est pas commercialisé mais rend de grands services en permettant le dressage du chien truffier, le teckel fait l'affaire. Bien dressé un chien truffier se négocie entre 2500 à 3500 € , c'est beaucoup mais c'est vite amorti et pour bientôt on verra l'apparition de “nez électroniques” à l'image des poêles à frire à la recherche de trésors .